Changer ses fenêtres pour du double vitrage : ce qu'il faut savoir
Les fenêtres représentent entre 10 et 15 % des déperditions thermiques d’un logement. Ce chiffre peut sembler modeste par rapport aux murs ou à la toiture, mais les menuiseries jouent un rôle qui va au-delà de la simple isolation. Confort acoustique, étanchéité à l’air, luminosité, sécurité : les fenêtres sont un poste de rénovation aux bénéfices multiples. Tour d’horizon des éléments à connaître avant de se lancer.
Simple vitrage, double vitrage, triple vitrage : les différences
Le simple vitrage
Encore présent dans de nombreux logements construits avant 1980, le simple vitrage offre un coefficient d’isolation thermique (Uw) de l’ordre de 5 à 6 W/m².K. En clair, il laisse passer la chaleur presque librement. En hiver, la paroi froide du vitrage crée une sensation d’inconfort même quand la pièce est chauffée, et provoque de la condensation.
Le double vitrage standard
Composé de deux verres séparés par une lame d’air ou de gaz (argon ou krypton), le double vitrage atteint un Uw de 1,1 à 1,4 W/m².K selon la qualité du vitrage et de la menuiserie. Le gain par rapport au simple vitrage est considérable : la déperdition thermique est divisée par quatre.
Les variantes les plus courantes :
- Double vitrage 4/16/4 : deux verres de 4 mm avec un espace de 16 mm. Configuration classique et performante.
- Double vitrage à isolation renforcée (VIR) : une couche invisible d’oxydes métalliques déposée sur l’un des verres renvoie le rayonnement infrarouge vers l’intérieur. C’est le standard actuel.
- Double vitrage à contrôle solaire : limite les apports solaires en été tout en conservant l’isolation en hiver. Recommandé pour les baies vitrées exposées plein sud.
Le triple vitrage
Avec un Uw descendant à 0,5 à 0,8 W/m².K, le triple vitrage offre les meilleures performances. Mais son poids plus important nécessite des menuiseries renforcées, et son coût est supérieur de 50 à 80 % par rapport au double vitrage. Il se justifie principalement dans les maisons passives ou les façades très exposées au nord dans les régions froides.
Les matériaux de menuiserie
Le vitrage ne fait pas tout : le châssis de la fenêtre contribue significativement à la performance globale.
- PVC : le plus répandu en rénovation. Excellent rapport isolation/prix, entretien minimal, large choix de coloris. Coefficient Uf autour de 1,3 W/m².K.
- Aluminium : lignes fines, grande variété de teintes, très résistant. Les ruptures de pont thermique modernes compensent la conductivité naturelle du métal. Uf autour de 1,8 à 2,5 W/m².K.
- Bois : isolant naturel, esthétique chaleureuse, excellent Uf (1,2 à 1,5 W/m².K). Nécessite un entretien périodique (lasure ou peinture).
- Mixte bois-aluminium : bois à l’intérieur pour l’isolation et l’esthétique, aluminium à l’extérieur pour la résistance aux intempéries. Solution haut de gamme.
Les gains concrets à attendre
Remplacer des fenêtres simple vitrage par du double vitrage VIR apporte des améliorations sur plusieurs plans :
- Réduction de la facture de chauffage : de l’ordre de 10 à 15 % pour un logement où les fenêtres étaient le point faible principal
- Confort thermique : disparition de l’effet paroi froide et des courants d’air. La température ressentie près des fenêtres augmente de 2 à 4 °C
- Confort acoustique : un double vitrage standard réduit le bruit extérieur de 25 à 35 dB. Les vitrages acoustiques asymétriques (4/16/6 par exemple) atteignent 40 dB d’affaiblissement
- Réduction de la condensation : la surface intérieure du vitrage reste plus chaude, limitant la formation de buée
- Valorisation du bien : des fenêtres neuves améliorent le DPE et le cachet visuel du logement
Combien coûte le remplacement des fenêtres
Les prix varient fortement selon le matériau, les dimensions et le type de pose :
| Type de fenêtre | Prix moyen pose comprise (par unité) |
|---|---|
| PVC double vitrage standard | 400 à 700 euros |
| PVC double vitrage VIR | 500 à 900 euros |
| Aluminium double vitrage VIR | 700 à 1 200 euros |
| Bois double vitrage VIR | 600 à 1 100 euros |
| Mixte bois-alu VIR | 900 à 1 500 euros |
Pour une maison avec 8 à 10 fenêtres, le budget global se situe généralement entre 5 000 et 12 000 euros selon les choix.
Les aides disponibles
- MaPrimeRénov’ : de 40 à 100 euros par fenêtre selon les revenus (montant par équipement)
- CEE : prime variable, souvent entre 30 et 80 euros par fenêtre
- TVA à 5,5 % : sur l’ensemble de la fourniture et de la pose
- Éco-PTZ : intégrable dans un bouquet de travaux
Les aides unitaires pour les fenêtres restent modestes comparées à d’autres postes (isolation, chauffage). Elles deviennent plus intéressantes lorsque le remplacement des menuiseries s’inscrit dans un projet de rénovation globale avec le parcours accompagné MaPrimeRénov'.
Les points à vérifier avant de signer
Quelques recommandations pratiques pour éviter les mauvaises surprises :
- Exigez la certification RGE de l’installateur : condition obligatoire pour les aides
- Vérifiez le label du vitrage : le marquage CE et la certification CEKAL garantissent la qualité du vitrage isolant
- Comparez les Uw globaux : c’est le coefficient de la fenêtre complète (vitrage + châssis) qui compte, pas celui du vitrage seul
- Attention au type de pose : la dépose totale (retrait de l’ancien cadre) offre de meilleures performances que la pose en rénovation sur dormant existant, mais coûte plus cher
- Prévoyez les finitions : joints d’étanchéité, habillage intérieur, raccords d’enduit extérieur font partie du chantier
Le remplacement des fenêtres n’est pas toujours le geste de rénovation le plus rentable rapporté au coût. Mais c’est souvent celui qui améliore le plus le confort ressenti au quotidien. En combinant isolation des parois et menuiseries performantes, les résultats deviennent réellement transformants, autant sur la facture que sur le plaisir d’habiter.