Géothermie : chauffer sa maison grâce à l'énergie du sol

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Sous nos pieds, le sol maintient une température relativement stable toute l’année, entre 10 et 15 degrés selon la profondeur et la région. La géothermie exploite cette chaleur naturelle pour chauffer les habitations, produire de l’eau chaude sanitaire et, dans certains cas, rafraîchir en été. C’est l’une des solutions de chauffage les plus performantes du marché, même si elle reste méconnue du grand public.

Le fonctionnement de la géothermie résidentielle

Le principe est simple sur le papier : on capte les calories présentes dans le sol pour les restituer à l’intérieur du logement via une pompe à chaleur (PAC) géothermique. Le système se compose de trois éléments principaux.

Les capteurs enterrés

Ils récupèrent la chaleur du sol. Trois configurations existent :

  • Capteurs horizontaux : des tubes en polyéthylène sont enterrés à une profondeur de 60 cm à 1,20 mètre, sur une surface équivalente à 1,5 à 2 fois la surface habitable à chauffer. Solution la plus économique, mais elle nécessite un terrain suffisamment grand.
  • Sondes verticales : un ou plusieurs forages descendent entre 80 et 200 mètres de profondeur. Plus coûteux à installer, mais très performants et adaptés aux terrains de petite taille.
  • Captage sur nappe : lorsqu’une nappe phréatique accessible se trouve à proximité, on peut y puiser directement les calories. Cette option offre le meilleur rendement, mais nécessite des autorisations spécifiques.

La pompe à chaleur

Elle fonctionne comme un réfrigérateur inversé. Un fluide frigorigène circule dans un circuit fermé, capte les calories du sol via un échangeur, puis les amplifie par compression avant de les transférer au circuit de chauffage. Le coefficient de performance (COP) d’une PAC géothermique se situe entre 4 et 5, ce qui signifie que pour 1 kWh d’électricité consommée, elle restitue 4 à 5 kWh de chaleur.

Le système de diffusion

La chaleur produite alimente un plancher chauffant, des radiateurs basse température ou des ventilo-convecteurs. Le plancher chauffant reste le meilleur allié de la géothermie, car il fonctionne à basse température et maximise le rendement de la PAC.

Les avantages concrets de la géothermie

La géothermie résidentielle présente plusieurs atouts majeurs :

  • Indépendance énergétique partielle : la source de chaleur est gratuite et inépuisable à l’échelle humaine. Seule la pompe à chaleur consomme de l’électricité.
  • Facture de chauffage divisée par 3 à 4 : pour une maison de 120 m2, le coût annuel de chauffage peut descendre sous les 500 euros.
  • Confort thermique constant : contrairement aux systèmes aérothermiques, la géothermie ne dépend pas de la température extérieure. Elle fonctionne aussi bien par -10 degrés que par +5 degrés.
  • Double usage : en inversant le cycle, certaines PAC géothermiques assurent un rafraîchissement passif en été, aussi appelé geocooling.
  • Durée de vie exceptionnelle : les capteurs enterrés durent plus de 50 ans. La pompe à chaleur elle-même a une durée de vie de 20 à 25 ans.
  • Valorisation du bien immobilier : un logement équipé en géothermie bénéficie d’un meilleur DPE, atout non négligeable sur le marché immobilier actuel.

Quel budget prévoir

L’investissement initial constitue le principal frein à l’adoption de la géothermie. Il faut compter :

  • Capteurs horizontaux + PAC : entre 15 000 et 25 000 euros
  • Sondes verticales + PAC : entre 25 000 et 40 000 euros
  • Captage sur nappe + PAC : entre 20 000 et 35 000 euros

Ces montants incluent la fourniture et la pose. Le forage vertical représente à lui seul 40 à 60 % du budget total.

Aides disponibles

Plusieurs dispositifs viennent alléger la facture :

  • MaPrimeRénov’ : jusqu’à 10 000 euros selon les revenus du foyer
  • Certificats d’économie d’énergie (CEE) : montant variable selon les fournisseurs
  • Éco-prêt à taux zéro : jusqu’à 50 000 euros sur 20 ans
  • TVA à 5,5 % : applicable sur l’ensemble de l’installation dans les logements de plus de 2 ans

En cumulant ces aides, le reste à charge peut descendre à 8 000 ou 12 000 euros pour une installation avec capteurs horizontaux. Le retour sur investissement se situe alors entre 6 et 10 ans.

Les limites à connaître

La géothermie n’est pas adaptée à toutes les situations :

  • Nature du sol : un terrain rocheux ou instable complique les travaux et augmente les coûts
  • Surface de terrain : les capteurs horizontaux exigent un espace conséquent non constructible
  • Rénovation lourde : la pose d’un plancher chauffant en rénovation est complexe et coûteuse
  • Autorisations : le forage vertical et le captage sur nappe nécessitent des déclarations en préfecture

Malgré ces contraintes, la géothermie reste la solution de chauffage renouvelable la plus performante et la plus stable sur le long terme. Pour les constructions neuves disposant d’un terrain suffisant, elle mérite d’être étudiée en priorité.

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