Autoconsommation solaire : consommer et revendre son surplus
L’autoconsommation solaire consiste à utiliser directement l’électricité produite par ses propres panneaux photovoltaïques. Le surplus, c’est-à-dire l’électricité produite mais non consommée instantanément, peut être injecté sur le réseau et racheté par un fournisseur. Ce modèle est devenu le mode d’exploitation privilégié par les particuliers français, loin devant la vente totale qui dominait il y a encore dix ans.
Le principe de l’autoconsommation avec revente de surplus
Lorsque les panneaux produisent de l’électricité, celle-ci est consommée en priorité par le foyer. La machine à laver tourne, le réfrigérateur fonctionne, le chauffe-eau accumule : tout ce qui consomme au moment de la production absorbe cette électricité gratuitement.
Quand la production dépasse la consommation, le surplus est automatiquement injecté sur le réseau public de distribution. Un compteur Linky enregistre les deux flux : la consommation depuis le réseau et l’injection vers le réseau.
Les deux contrats possibles
- Autoconsommation avec vente du surplus : on consomme sa production et on revend l’excédent à un tarif fixé par arrêté. C’est le choix de plus de 85 % des installations résidentielles.
- Vente totale : toute la production est injectée sur le réseau. Ce modèle ne se justifie plus que dans des cas très particuliers, lorsque la consommation sur place est très faible.
Le contrat d’obligation d’achat est signé pour 20 ans avec EDF OA (Obligation d’Achat) ou un autre acheteur agréé. Le tarif est garanti sur toute la durée.
Les tarifs de rachat en 2026
Les tarifs de rachat du surplus sont révisés chaque trimestre. Au premier trimestre 2026, les valeurs indicatives sont les suivantes :
- Installation de 3 kWc ou moins : environ 13,0 c/kWh
- Installation de 3 à 9 kWc : environ 7,8 c/kWh
- Installation de 9 à 36 kWc : environ 11,5 c/kWh
Ces tarifs ont baissé au fil des années, mais le modèle reste intéressant car le vrai gain de l’autoconsommation ne se situe pas dans la revente du surplus. Il réside dans l’électricité que l’on ne paie pas au fournisseur.
Le calcul qui compte
Un kWh autoconsommé fait économiser le prix du kWh acheté au réseau, soit environ 27 centimes en tarif réglementé. Un kWh revendu rapporte 13 centimes. L’intérêt est donc clair : maximiser la part autoconsommée.
Optimiser son taux d’autoconsommation
Le taux d’autoconsommation représente le pourcentage de la production solaire effectivement consommée sur place. Sans optimisation, ce taux se situe entre 20 et 40 % pour un foyer moyen. Avec quelques ajustements, on peut atteindre 50 à 70 %.
Décaler ses consommations
La première stratégie est gratuite : faire tourner les appareils énergivores pendant les heures de production solaire.
- Lave-linge et sèche-linge : programmer les cycles en milieu de journée
- Lave-vaisselle : départ différé pour un fonctionnement entre 11h et 15h
- Chauffe-eau thermodynamique : le programmer en heures solaires plutôt qu’en heures creuses nocturnes
- Recharge de véhicule électrique : brancher la voiture la journée plutôt que la nuit
Installer une box de pilotage
Des boîtiers intelligents permettent d’automatiser cette logique. Ils activent les équipements lorsque la production solaire dépasse un certain seuil, sans intervention manuelle. Plusieurs fabricants proposent des solutions compatibles avec les installations existantes, pour un coût de 500 à 1 500 euros.
Le stockage par batterie
Une batterie domestique permet de stocker le surplus de la journée pour le consommer le soir. Le taux d’autoconsommation peut alors dépasser 80 %. Toutefois, le coût des batteries reste élevé et allonge significativement le retour sur investissement. Cette option se justifie surtout pour les foyers ayant une forte consommation en soirée.
Les démarches administratives
L’installation en autoconsommation avec revente de surplus nécessite plusieurs étapes :
- Déclaration préalable de travaux en mairie
- Demande de raccordement auprès d’Enedis (ou ELD selon la zone)
- Signature du contrat d’obligation d’achat avec EDF OA
- Attestation de conformité Consuel, délivrée après vérification de l’installation
- Déclaration en ligne sur le portail de l’autoconsommation
L’installateur certifié RGE prend généralement en charge la majorité de ces démarches. Le délai entre la signature du devis et la mise en service effective varie entre deux et quatre mois.
La fiscalité de la revente
Les revenus tirés de la vente du surplus sont exonérés d’impôt sur le revenu pour les installations d’une puissance inférieure ou égale à 3 kWc. Au-delà, les revenus sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec un régime micro-BIC avantageux.
Un modèle qui a fait ses preuves
Avec plus de 500 000 installations résidentielles en autoconsommation en France, le modèle est désormais mature. Les retours d’expérience confirment des économies de 30 à 50 % sur la facture d’électricité, un amortissement en 8 à 12 ans et une satisfaction élevée des propriétaires. Le surplus revendu ne fait pas la rentabilité du projet, mais il apporte un complément appréciable et évite tout gaspillage.